J’ai toujours passé beaucoup de temps dans mes pensées, et accordé une grande place dans ma vie à l’imaginaire et à la création. C’est pourquoi je voulais un métier ancré dans le réel, le matériel, le fondamental. Je voulais établir un équilibre entre deux impératifs : laisser s’exprimer mon imagination et mon goût pour la contemplation, mais aussi apporter, au quotidien, ma petite pierre au monde dans lequel je vis. J’ai mis du temps à trouver le métier qu’il me fallait. Aussi étrange que cela puisse paraître, je n’y avais tout simplement pas pensé. Un jour l’idée est née en moi, et l’évidence était là.
Je me suis inscrite au concours de professeur des écoles, et comme je n’avais pas assez de « points » pour avoir droit à la préparation à l’IUFM, j’ai cassé ma tirelire pour le préparer avec le CNED. Le concours venait de changer, les cours n’étaient pas tout à fait adaptés, il y avait des milliers de pages et des centaines de correctifs, mais je comptais bien m’accrocher.
Puis je suis tombée malade. Je pourrais être évasive sur ce sujet, mais il va revenir sur le tapis, à mon corps défendant, à la fin de mon récit. Alors autant être claire tout de suite. J’ai fait une fausse couche, qui a été suivie de bouleversements hormonaux et d’une hypertension intra crânienne, compliquée de problèmes ovariens et thyroïdiens. J’ai été hospitalisée pour subir des ponctions lombaires, j’ai pris beaucoup de poids, j’étais victime de céphalées invalidantes, j’étais faible, et surtout dévastée par la nouvelle de ma probable infertilité.
Mais j’ai guéri. Je me suis présentée aux épreuves du concours, malgré une préparation insuffisante, en me disant que si j’arrivais à être admissible, j’aurais droit à la préparation à l’IUFM l’année d’après. J’ai finalement été admise sur liste complémentaire, à la 87ème place. Ce qui voulait dire que je serais recrutée en fonction des besoins, pour une prise de fonctions immédiate, sans formation préalable.(des explications sur la liste complémentaire? c'est ici)
J’avais donc droit à ma place à l’IUFM pour préparer à nouveau le concours. Même si la PE1 est très différente de la PE2, puisque la première relève du bachotage et la seconde de la formation, je comptais bien sur les quelques mois que je passerais à l’IUFM pour me fourbir quelques armes en vue de mon parachutage sur le terrain qui, vu mon rang sur la liste, me paraissait inéluctable. (PE1, PE2, kezako? la réponse ici)
Et en effet, à l’issue du premier stage sur le terrain, le 24 janvier 2004, j’ai reçu le coup de fil du rectorat, m’informant qu’on m’attendait dans une école le lendemain. J’ai donc pu bénéficier d’une journée de transition, pour dire au revoir aux élèves de la classe de CM2 où je venais de passer trois semaines et bénéficier des conseils de leur professeur. Tu verras, m’a-t-elle dit, cette date, tu t’en souviendras toute ta vie.
Et c’était vrai.
Le lendemain, j’ai fait la connaissance de l’équipe de l’école maternelle où j’allais passer six mois, en Moyenne Section, après que la titulaire soit partie en mi-temps annualisé (c'est quoi ça? la réponse ici)
J’ai eu plusieurs visites d’un conseiller pédagogique, dont les avis ont été précieux, mais j’ai surtout bénéficié du soutien sans faille de la directrice de cette école, ainsi que des conseils avisés et nombreux des collègues. J’ai fait du bon travail, parce que j’étais bien entourée et parce que j’y ai mis une grande part de mon énergie. J’ai travaillé avec acharnement, et quand l’année s’est terminée j’ai quitté mes élèves avec un sentiment de fierté.
A la rentrée suivante, j’ai commencé la formation proprement dite, à savoir l’année de PE2 à l’IUFM. J’ai eu la chance de faire mon premier stage (dit de « pratique accompagnée ») dans une classe très particulière, où l’enseignante appliquait la méthode Freinet (c'est quoi ça? la réponse ici). Dans ce CP, les élèves étaient déjà très autonomes, et leur enseignante était une mine d’informations et de conseils. Etant la plus expérimentée des trois stagiaires, du haut de mes six mois de pratique, j’ai accepté de prendre la classe à chaque fois que la titulaire me l’a proposé, et la visite d’évaluation formative de la professeure d’IUFM s’est très bien passée.
En raison de la difficulté à trouver des classes où placer les stagiaires, l’Académie de Paris avait mis en place un système de binômes : pour le premier stage en responsabilité de l’année, les stagiaires allaient par deux remplacer un titulaire. Il ne s’agissait pas de mi-temps, mais bien de deux plein-temps, imposant aux deux stagiaires d’être dans la classe simultanément. Je n’ai pas trouvé cela idéal en termes de légitimité de l’autorité pour des élèves déjà un peu perturbés par le changement de référent adulte, mais il paraît que certains stagiaires appréciaient de ne pas être seuls devant les élèves, et surtout devant la masse de travail à abattre. Moi, je n’ai pas aimé, même si, fort heureusement, je m’entendais bien avec « mon binôme ». Le stage, dans une classe de CE2, s’est néanmoins bien passé, comme en attestent les deux rapports de visite (professeur d’IUFM et maître formateur).
Sur le plan personnel, c’est durant ce stage qu’à ma grande stupéfaction, j’ai découvert que j’étais enceinte.
Le stage suivant a eu lieu en moyenne section de maternelle et s’est très bien déroulé, tant sur le plan humain que pédagogique. Il a donné lieu à deux évaluations positives (professeur d’IUFM et maître formateur).
Pendant ma grossesse, très surveillée en raison de mes antécédents médicaux, j’ai toujours fait en sorte de prendre mes rendez-vous en dehors des heures de cours, et j’ai été assidue, tant en formation qu’en stage sur le terrain, jusqu’à ce que l’intensité des contractions provoquées par les très longs trajets en métro (station debout, escaliers, etc.) conduise la maternité à me placer en arrêt maladie pour MAP (menace d’accouchement prématuré) jusqu’à la date de début de mon congé maternité.
Je suis néanmoins revenue (en taxi !) à l’IUFM pour la présentation orale d’un des volets de la formation théorique (maîtriser la polyvalence). Les volets écrits ont été validés, à l’exception du mémoire et du volet « français », reportés à mon retour de congé.
(la suite au prochain numéro)
Je me suis inscrite au concours de professeur des écoles, et comme je n’avais pas assez de « points » pour avoir droit à la préparation à l’IUFM, j’ai cassé ma tirelire pour le préparer avec le CNED. Le concours venait de changer, les cours n’étaient pas tout à fait adaptés, il y avait des milliers de pages et des centaines de correctifs, mais je comptais bien m’accrocher.
Puis je suis tombée malade. Je pourrais être évasive sur ce sujet, mais il va revenir sur le tapis, à mon corps défendant, à la fin de mon récit. Alors autant être claire tout de suite. J’ai fait une fausse couche, qui a été suivie de bouleversements hormonaux et d’une hypertension intra crânienne, compliquée de problèmes ovariens et thyroïdiens. J’ai été hospitalisée pour subir des ponctions lombaires, j’ai pris beaucoup de poids, j’étais victime de céphalées invalidantes, j’étais faible, et surtout dévastée par la nouvelle de ma probable infertilité.
Mais j’ai guéri. Je me suis présentée aux épreuves du concours, malgré une préparation insuffisante, en me disant que si j’arrivais à être admissible, j’aurais droit à la préparation à l’IUFM l’année d’après. J’ai finalement été admise sur liste complémentaire, à la 87ème place. Ce qui voulait dire que je serais recrutée en fonction des besoins, pour une prise de fonctions immédiate, sans formation préalable.(des explications sur la liste complémentaire? c'est ici)
J’avais donc droit à ma place à l’IUFM pour préparer à nouveau le concours. Même si la PE1 est très différente de la PE2, puisque la première relève du bachotage et la seconde de la formation, je comptais bien sur les quelques mois que je passerais à l’IUFM pour me fourbir quelques armes en vue de mon parachutage sur le terrain qui, vu mon rang sur la liste, me paraissait inéluctable. (PE1, PE2, kezako? la réponse ici)
Et en effet, à l’issue du premier stage sur le terrain, le 24 janvier 2004, j’ai reçu le coup de fil du rectorat, m’informant qu’on m’attendait dans une école le lendemain. J’ai donc pu bénéficier d’une journée de transition, pour dire au revoir aux élèves de la classe de CM2 où je venais de passer trois semaines et bénéficier des conseils de leur professeur. Tu verras, m’a-t-elle dit, cette date, tu t’en souviendras toute ta vie.
Et c’était vrai.
Le lendemain, j’ai fait la connaissance de l’équipe de l’école maternelle où j’allais passer six mois, en Moyenne Section, après que la titulaire soit partie en mi-temps annualisé (c'est quoi ça? la réponse ici)
J’ai eu plusieurs visites d’un conseiller pédagogique, dont les avis ont été précieux, mais j’ai surtout bénéficié du soutien sans faille de la directrice de cette école, ainsi que des conseils avisés et nombreux des collègues. J’ai fait du bon travail, parce que j’étais bien entourée et parce que j’y ai mis une grande part de mon énergie. J’ai travaillé avec acharnement, et quand l’année s’est terminée j’ai quitté mes élèves avec un sentiment de fierté.
A la rentrée suivante, j’ai commencé la formation proprement dite, à savoir l’année de PE2 à l’IUFM. J’ai eu la chance de faire mon premier stage (dit de « pratique accompagnée ») dans une classe très particulière, où l’enseignante appliquait la méthode Freinet (c'est quoi ça? la réponse ici). Dans ce CP, les élèves étaient déjà très autonomes, et leur enseignante était une mine d’informations et de conseils. Etant la plus expérimentée des trois stagiaires, du haut de mes six mois de pratique, j’ai accepté de prendre la classe à chaque fois que la titulaire me l’a proposé, et la visite d’évaluation formative de la professeure d’IUFM s’est très bien passée.
En raison de la difficulté à trouver des classes où placer les stagiaires, l’Académie de Paris avait mis en place un système de binômes : pour le premier stage en responsabilité de l’année, les stagiaires allaient par deux remplacer un titulaire. Il ne s’agissait pas de mi-temps, mais bien de deux plein-temps, imposant aux deux stagiaires d’être dans la classe simultanément. Je n’ai pas trouvé cela idéal en termes de légitimité de l’autorité pour des élèves déjà un peu perturbés par le changement de référent adulte, mais il paraît que certains stagiaires appréciaient de ne pas être seuls devant les élèves, et surtout devant la masse de travail à abattre. Moi, je n’ai pas aimé, même si, fort heureusement, je m’entendais bien avec « mon binôme ». Le stage, dans une classe de CE2, s’est néanmoins bien passé, comme en attestent les deux rapports de visite (professeur d’IUFM et maître formateur).
Sur le plan personnel, c’est durant ce stage qu’à ma grande stupéfaction, j’ai découvert que j’étais enceinte.
Le stage suivant a eu lieu en moyenne section de maternelle et s’est très bien déroulé, tant sur le plan humain que pédagogique. Il a donné lieu à deux évaluations positives (professeur d’IUFM et maître formateur).
Pendant ma grossesse, très surveillée en raison de mes antécédents médicaux, j’ai toujours fait en sorte de prendre mes rendez-vous en dehors des heures de cours, et j’ai été assidue, tant en formation qu’en stage sur le terrain, jusqu’à ce que l’intensité des contractions provoquées par les très longs trajets en métro (station debout, escaliers, etc.) conduise la maternité à me placer en arrêt maladie pour MAP (menace d’accouchement prématuré) jusqu’à la date de début de mon congé maternité.
Je suis néanmoins revenue (en taxi !) à l’IUFM pour la présentation orale d’un des volets de la formation théorique (maîtriser la polyvalence). Les volets écrits ont été validés, à l’exception du mémoire et du volet « français », reportés à mon retour de congé.
(la suite au prochain numéro)
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